Les argiles de La Coudoulière (Var)

Se rendre par la route RD.616, entre le Brusc et Sanary, sur le parking de la plage de la Coudoulière qui la domine. Entre le parking et le complexe immobilier du Port de le Coudoulière observer une coupe géologique bariolée.

1. Mode de gisement.

Argiles de La Coudoulière

Coupe du front de mer

On distingue de la base au sommet une série de couches superposées :

7. sol brun

6. limons loessiques jaunes

5. sables limoneux et limons argileux

4. cailloutis de phyllades et de quartz dans une matrice argilo-limoneuse

3. argiles rouges ou jaune orangé avec des chenaux
d'érosion; elles faisaient autrefois l'objet d'une exploitation dans une tuilerie voisine

2. cailloutis de phyllades et de quartz

1. route et sol actuel

Une succession de couches qui se recouvrent ou strates (de stratum = couverture) parallèles, superposées qui sont des formations sédimentaires (de sedimen = dépôt ) déposées sur les pentes du Massif de Sicié ; elles s'étalent jusqu'à la mer où leur épaisseur est la plus grande (plusieurs mètres).

2. Origine de ces formations

2 et 4 : les cailloutis
La présence de galets émoussés de phyllades gris et de graviers de quartz blanc, durs et anguleux atteste de leur origine détritique (de détritus = débris) provenant de la désagrégation des phyllades et quartzophyllades du massif de Sicié par les actions météoritiques (gel, altération chimique..)
3 : argiles
roches à grain fin composées de minéraux argileux
5 : sables limoneux
limons argileux
roches meubles composées de grains fins mélangés à des limons
roches meubles composées de grains très fins
6 : loess
roche meuble homogène à sec, composée de fines particules d'argiles, de quartz avec des traces d'usure éolienne (grains mats et émoussés) et de calcaire, il s'agissait donc de sédiments déposés par le vent.

Un simple broyage de phyllades dans de l'eau donne des dépôts de sables, de limons et d'argiles ; cela suggère que ces formations (3 et 5) sont aussi d'origine détritique, elles proviennent aussi de la désagrégation des roches de Sicié sous l'action de l'érosion. Du point de vue taille, la grande diversité des débris, souvent "noyés" dans une matrice argilo-limoneuse montre qu'il y a eu charriage pêle-mêle dans des coulées boueuses qui ont glissé et ont accumulé au bas des pentes du Massif de Sicié, les débris les plus fins (souvent remaniés par des eaux torrentielles comme en atteste des dépôts à stratification oblique ou entrecroisée dans des chenaux torrentiels).

3. Âge de ces formations

On a signalé la présence de silex moustériens et d'os de cerf dans un limon loessique, ce qui donnerait un Âge Würm II ; un climat froid et sec régnait alors sur les versants nord et nord-ouest du massif de Sicié émergé et balayé par des vents violents (dépôt de loess).
D'autres considérations semblent indiquer que les formations antérieures, dont les argiles, datent du Würm ancien (17 000 ans environ AP "avant le présent" = avant 1950).

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mise à jour 10.02.2017